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.NET 11 RC2 : cryptographie post-quantique et dernière ligne droite avant la version finale

Microsoft a publié le 13 octobre 2026 la deuxième release candidate de .NET 11. C’est, sauf surprise, la dernière préversion avant la sortie finale attendue en novembre, dans la foulée de la .NET Conf. Et comme la RC1 de septembre, cette RC2 est couverte par une licence go-live : vous pouvez la déployer en production dès aujourd’hui, support Microsoft inclus. Voici ce qu’il faut retenir, sans le vernis marketing.

Le calendrier : plus d’excuse pour ne pas tester #

Le cycle est désormais bien huilé : RC1 le 8 septembre, RC2 le 13 octobre, version finale en novembre. L’annonce officielle sur le blog .NET détaille l’ensemble des changements, et le message implicite est clair : l’API est gelée, ce qui reste d’ici la GA relève de la correction de bugs. Si votre application cible encore .NET 9 — dont le support standard s’approche de sa fin —, c’est maintenant qu’il faut lancer vos suites de tests contre la RC2, pas le jour de la sortie.

Rappel utile : la RC1 avait déjà fait de C# 15 le langage par défaut pour les projets ciblant .NET 11. Si vos analyzers ou vos générateurs de code source n’ont pas aimé la RC1, la RC2 ne changera rien à l’affaire.

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Cryptographie post-quantique : les API composite arrivent #

Le morceau le plus intéressant de cette RC2 se trouve dans les bibliothèques : des API expérimentales pour ML-KEM composite et HPKE. Traduction pour ceux qui n’ont pas suivi le feuilleton : ML-KEM est le mécanisme d’encapsulation de clés standardisé par le NIST pour résister aux ordinateurs quantiques, et les schémas « composites » combinent un algorithme post-quantique avec un algorithme classique — si l’un des deux tombe, l’autre tient encore la porte.

Ces API sont marquées expérimentales, donc pas de panique ni de refonte de votre couche TLS ce trimestre. Mais la direction est claire : la migration post-quantique de l’écosystème .NET se prépare dès maintenant, et les équipes qui gèrent des données à longue durée de vie feraient bien de commencer à regarder. Visual Studio Magazine en fait d’ailleurs le titre principal de sa couverture de la RC2, et ce n’est pas un hasard.

MAUI : l’UI en C#, officiellement un citoyen de première classe #

Côté client, la RC2 pousse la construction d’interfaces .NET MAUI directement en C#, sans passer par XAML. On peut en penser ce qu’on veut — le débat XAML contre code-behind a l’âge de WPF —, mais c’est une demande récurrente de la communauté qui obtient enfin une voie officielle, avec XAML et Hot Reload qui restent évidemment de la partie.

Les développeurs Apple ne sont pas oubliés : prise en charge des ressources Apple Icon Composer, évaluation d’un handler Shell natif pour les plateformes Apple, et un changement de comportement à noter — le verrouillage de fichiers est désormais désactivé par défaut sur iOS et tvOS. Si votre code comptait sur ce verrouillage, c’est le genre de détail qui se transforme en bug de production sournois : à vérifier avant la migration.

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NuGet, ASP.NET Core, F# : le reste du train #

NuGet se dote d’un garde-fou supply chain

La CLI permet désormais de configurer un âge minimum de publication pour les packages restaurés. Concrètement : refuser tout package publié il y a moins de N jours, le temps que la communauté repère un éventuel package malveillant fraîchement poussé. Après les vagues d’attaques par typosquatting qu’ont connues npm et PyPI, ce type de contrôle natif dans le gestionnaire de paquets est une excellente nouvelle — et un réglage à activer sur vos pipelines CI dès la GA.

ASP.NET Core et les bibliothèques

Les API de virtualisation de QuickGrid sortent du statut expérimental — bonne nouvelle pour ceux qui affichent de grosses grilles en Blazor sans vouloir embarquer un composant commercial. Dans les bibliothèques, on note la lecture incrémentale de CBOR, des messages DataAnnotations paramétrables par attribut, et un réglage de la concurrence initiale HTTP/2 côté client.

F# muscle son runtime

F# profite d’un support async natif au niveau du runtime, de la possibilité d’utiliser reraise dans les expressions de calcul, et d’une réduction des allocations dans FSharp.Core. Les habitués du langage apprécieront : l’async F#, historiquement élégant mais coûteux, se rapproche des performances des tasks C#.

Mention spéciale, enfin, pour Windows Forms — oui, il bouge encore — qui gagne des styles visuels modernisés, une meilleure prise en compte des paramètres d’accessibilité de Windows et un composant KioskModeManager pour les applications en mode borne.

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Notre verdict #

Une RC2 sans surprise, et c’est exactement ce qu’on attend d’une RC2. Les fondations — crypto post-quantique, garde-fous NuGet, async F# natif — comptent davantage que les démos clinquantes, et c’est le signe d’une plateforme qui vieillit bien. Le vrai rendez-vous est dans quelques semaines : la GA de novembre dira si ce cycle .NET 11 tient la promesse d’une montée de version sans friction. En attendant, installez la RC2 sur une branche, lancez vos tests, et venez râler en connaissance de cause.

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