Compresser une image sans logiciel, sans compte et sans l’envoyer sur un serveur : c’est la promesse de Squoosh, l’application web open source de Google Chrome Labs. Voici comment l’utiliser concrètement, quels formats de sortie elle propose réellement, et comment mesurer le gain sur vos propres fichiers plutôt que de vous fier à une moyenne.
- Un navigateur récent (desktop, tablette ou mobile) — l’application tourne dans l’onglet.
- Vos images source, dans leur meilleure qualité disponible.
- Temps estimé : moins de deux minutes pour une première image.
- Niveau : débutant. Aucune connaissance en traitement d’image n’est requise.
- Un objectif : le format de sortie et le poids visé dépendent de l’usage (photo d’article, logo, visuel produit).
Qu’est-ce que Squoosh et comment fonctionne-t-il ? #
Squoosh est une application web de compression d’images publiée par Google Chrome Labs. Le dépôt public a été créé en mars 2018 et le code est diffusé sous licence Apache 2.0 : le projet est donc bien open source, et n’importe qui peut lire ce que fait réellement l’outil.
Son principe technique est ce qui la distingue le plus : la documentation officielle du projet indique que votre image n’est pas envoyée sur un serveur — l’ensemble du traitement de compression s’exécute localement, dans votre navigateur. Cette même documentation précise en revanche que l’application utilise Google Analytics pour collecter des données de visite basiques, ainsi que la valeur du poids de l’image avant et après compression (et, dans le cas de l’installation en PWA, le type et la date d’installation). C’est une nuance utile à connaître : le fichier reste chez vous, une métrique de poids remonte.
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L’application se présente sous forme de Progressive Web App — un manifeste d’installation est bien servi par le site — ce qui permet de l’ajouter comme application sur son appareil. Sa description officielle résume son intention : compresser et comparer des images avec différents codecs directement dans le navigateur.
Ce que la compression des images apporte à un site #
Alléger ses images reste l’un des leviers les plus directs sur le confort de navigation : moins d’octets à télécharger, c’est un affichage plus rapide, une consommation de données réduite pour les visiteurs en mobilité, et des serveurs moins sollicités. Sur un site éditorial ou une boutique, les visuels représentent très souvent la part la plus lourde d’une page.
En revanche, aucun pourcentage de gain n’est transposable d’un site à l’autre. Le rapport entre le poids d’origine et le poids compressé dépend de l’image elle-même — une photographie riche en textures, un aplat de couleur ou une capture d’écran ne réagissent pas de la même manière au même codec, au même réglage. C’est précisément pour ça que Squoosh affiche le poids avant et après : la seule mesure qui vaille est celle réalisée sur vos fichiers. Méfiez-vous des promesses chiffrées universelles ; testez, comparez, décidez.
Comment utiliser Squoosh : la procédure pas à pas #
La prise en main ne demande pas d’apprentissage particulier. Voici le déroulé type ; l’interface étant susceptible d’évoluer, considérez ces étapes comme la logique de l’outil plutôt que comme une suite de clics figée.
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- Ouvrez l’application officielleRendez-vous sur squoosh.app, le site officiel du projet. Aucune inscription n’est demandée, aucun logiciel à installer.
- Chargez votre imageGlissez-déposez le fichier dans la fenêtre, ou sélectionnez-le via le sélecteur du navigateur. Partez toujours de l’original le plus qualitatif : on ne récupère pas une qualité déjà perdue.
- Choisissez le codec de sortieSélectionnez le format de compression visé dans la liste des encodeurs proposés (voir le tableau ci-dessous). C’est le choix qui pèse le plus sur le résultat final.
- Réglez qualité, dimensions et paletteLe dépôt du projet embarque un module de redimensionnement et un module de réduction de palette (quantization), en plus des réglages propres à chaque encodeur. Redimensionner à la taille réellement affichée est souvent le gain le plus rentable, avant même de toucher au taux de compression.
- Comparez, puis téléchargezContrôlez le rendu compressé face à l’original et surveillez le poids affiché. Si l’image tient visuellement, descendez encore ; dès qu’un artefact apparaît sur une zone sensible (visage, dégradé, texte), remontez d’un cran, puis téléchargez le fichier.
Formats d’image supportés et pertinence selon les usages #
Au 1er septembre 2026, les encodeurs présents dans le dépôt du projet sont les suivants : AVIF, WebP, WebP v2, JPEG XL, MozJPEG, OxiPNG, QOI, ainsi que les encodeurs JPEG, PNG et GIF fournis par le navigateur. Côté lecture, le projet embarque des décodeurs pour AVIF, JPEG XL, QOI et WebP v2 ; pour le reste, l’import dépend des formats que votre navigateur sait décoder.
| Format de sortie | Usage typique | Ce qu’il apporte | À garder en tête |
|---|---|---|---|
JPEG MozJPEG | Photographies d’articles, visuels de fond, e-commerce | Compression avec perte finement réglable, lecture universelle | Pas de transparence ; artefacts visibles si l’on pousse trop la compression |
PNG OxiPNG | Logos, pictogrammes, captures d’écran, aplats | Transparence et compression sans perte | Poids élevé sur les photographies, où le JPEG ou le WebP sont plus adaptés |
| WebP | Visuels de site modernes, catalogues, images responsives | Bon compromis poids/qualité, gère perte et transparence | Vérifiez que votre CMS accepte l’import de ce format |
| AVIF | Pages où le poids est critique, galeries, visuels lourds | Codec récent, conçu pour un meilleur rendement de compression | Encodage plus lent ; contrôlez le rendu et la compatibilité de votre chaîne |
| JPEG XL, WebP v2, QOI | Tests, archivage, usages techniques | Codecs disponibles dans l’outil pour expérimenter et comparer | Support navigateur inégal : à vérifier avant toute mise en production |
| GIF | Anciens médias, animations simples | Conversion et interopérabilité | Peu recommandé pour la diffusion web moderne |
- Testez sur quelques images représentatives, pas sur une seule photo bien choisie.
- Vérifiez que votre CMS, votre thème et votre CDN acceptent le format à l’import comme à la diffusion.
- Conservez vos originaux : une compression avec perte ne se défait pas.
Squoosh face aux autres compresseurs : ce qui se vérifie #
Beaucoup de comparatifs opposent des outils sur des chiffres invérifiables. Deux critères, eux, se contrôlent en quelques minutes et méritent de guider votre choix.
Premier critère : où votre fichier est traité. La documentation de Squoosh affirme explicitement que l’image n’est pas envoyée sur un serveur. Pour un service en ligne concurrent, la question à poser est la même : le fichier quitte-t-il votre machine, où est-il stocké, et combien de temps ? C’est un point déterminant si vous manipulez des visuels non publiés, des documents clients ou des données sensibles.
Second critère : le choix des codecs et la comparaison à l’écran. Un outil qui applique un réglage unique vous donne un résultat ; un outil qui vous laisse essayer plusieurs encodeurs sur la même image vous donne une décision. Pour le reste — tarifs, quotas, limites de volume —, ne vous fiez qu’à la page de tarification de l’éditeur concerné au moment où vous lisez : ces conditions changent sans préavis.
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Optimisation SEO des images : ce que Squoosh règle, et ce qu’il ne règle pas #
Le poids des images pèse sur la vitesse d’affichage, et la vitesse fait partie des signaux d’expérience de page suivis par Google via les Core Web Vitals. Compresser proprement ses visuels agit donc sur un maillon réel de la chaîne — mais un seul maillon. Aucune compression ne fait progresser un contenu faible, et personne ne peut promettre un gain de position chiffré.
Les bonnes pratiques qui complètent la compression relèvent, elles, de votre CMS et non de l’outil :
- Renseigner un attribut alt descriptif et honnête, utile d’abord à l’accessibilité.
- Donner aux fichiers des noms explicites plutôt que IMG_4821.
- Servir l’image aux dimensions réellement affichées, et déclarer largeur et hauteur.
- Activer le chargement différé pour les visuels situés sous la ligne de flottaison.
- Mesurer avant/après avec un outil d’audit de performance sur vos propres pages.
- Bourrer l’attribut alt de mots-clés : c’est contre-productif et pénalisant pour l’accessibilité.
- Uploader un visuel de 4000 px pour l’afficher dans une colonne de 750 px.
- Compresser deux fois de suite un fichier déjà compressé avec perte.
- Généraliser un réglage agressif à tout un catalogue sans contrôle visuel.
- Attendre d’une compression qu’elle compense un contenu ou un maillage insuffisants.
Mesurer le gain réel sur vos propres images #
Plutôt que de reprendre des moyennes vues ailleurs, construisez votre propre référence. La méthode tient en quatre gestes et se reproduit en une demi-heure.
1. Constituez un échantillon représentatif : trois à cinq images qui reflètent vos usages réels (une photo produit, un visuel d’article, un logo, une capture). 2. Notez le poids d’origine de chacune. 3. Passez-les dans Squoosh avec deux ou trois codecs différents, à qualité comparable, en relevant le poids obtenu et en contrôlant le rendu à l’écran. 4. Mesurez ensuite l’effet sur une page réelle de votre site, avant et après remplacement, avec l’outil d’audit de performance de votre choix.
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Vous obtiendrez ainsi un ordre de grandeur valable pour vos images — le seul qui vous serve à arbitrer, et le seul que vous pourrez défendre auprès d’un client ou d’une équipe.
Pourquoi choisir Squoosh pour gérer ses images web ? #
- Traitement local : la documentation du projet indique que l’image n’est pas envoyée sur un serveur, seules des métriques de visite et de poids étant collectées via Google Analytics.
- Code ouvert : diffusion sous licence Apache 2.0, dépôt public consultable et auditable.
- Aucune installation, aucun compte : l’application s’utilise dans le navigateur et s’installe en PWA si vous le souhaitez.
- Comparaison de codecs : AVIF, WebP, WebP v2, JPEG XL, MozJPEG, OxiPNG, QOI et les encodeurs natifs du navigateur, sur la même image.
- Contrôle fin : redimensionnement et réduction de palette intégrés, en plus des réglages de chaque encodeur.
Une réserve, en toute transparence : au 1er septembre 2026, le dépôt n’est ni archivé ni désactivé et l’application répond normalement, mais le dernier commit fonctionnel de sa branche de développement remonte à août 2024 — les mouvements plus récents concernent des branches de mise à jour de dépendances. L’outil est donc en service et pleinement utilisable, mais son rythme de développement s’est nettement ralenti. Pour un usage professionnel durable, gardez une alternative identifiée et vérifiez périodiquement l’état du projet.
Questions fréquentes sur Squoosh #
Mes images sont-elles envoyées sur un serveur ?
Squoosh est-il gratuit et faut-il créer un compte ?
Quels formats puis-je obtenir en sortie ?
Le projet est-il toujours maintenu ?
Quel codec choisir pour un site WordPress ?
Puis-je traiter un lot d’images d’un coup ?
- Application officielle : squoosh.app — la référence pour l’interface et les codecs disponibles.
- Dépôt public du projet : GoogleChromeLabs/squoosh sur GitHub — code source, licence Apache 2.0 et état du développement.
- Registres d’entreprises : KOOSH sur Société.com · KOOSH sur Pappers.fr
- Registres d’entreprises : NOOSH sur Société.com · NOOSH sur Pappers.fr
Plan de l'article
- Qu’est-ce que Squoosh et comment fonctionne-t-il ?
- Ce que la compression des images apporte à un site
- Comment utiliser Squoosh : la procédure pas à pas
- Formats d’image supportés et pertinence selon les usages
- Squoosh face aux autres compresseurs : ce qui se vérifie
- Optimisation SEO des images : ce que Squoosh règle, et ce qu’il ne règle pas
- Mesurer le gain réel sur vos propres images
- Pourquoi choisir Squoosh pour gérer ses images web ?
- Questions fréquentes sur Squoosh